KASPER T. TOEPLITZ

Compositeur et musicien français d'origine polonaise né en 1960

Kasper T. Toeplitz a débuté son activité musicale dans le cadre de la composition « académique » – orchestre, ensembles, opéra – et s'est par la suite orienté vers la nouvelle musique électronique ou « noise music » aboutissant à une navigation entre le papier réglé et la pure électricité, entre la viscéralité du bruit et la précision dans la construction des grandes formes et de leur détails.

 

Kasper T. Toeplitz développe des compositions basées sur des superpositions de matières sonores denses à évolutions lentes, allant dernièrement vers l'idée d'un temps arrêté qui peut être déchiré par des fractures soudaines et brèves qui ne perturbent pas l'avancée : architectures électroniques scrutant le temps, l'immobilité ou le fracas, pouvant s'adresser tant à des ensembles instrumentaux qu'à l'ordinateur joué comme un instrument à part entière. L'usage de ce dernier modèle autant les instruments plus traditionnels – en une forme d'hybridation – que la pensée musicale elle-même, allant vers une pensée électronique qui l'amène à travailler dans d'autres domaines (image, lumière, danse), leur appliquant l'idée d'une musicalité silencieuse, incluant ces diverses disciplines dans une pensée du sonore.

 

Kasper T. Toeplitz a travaillé autant avec les grandes institutions (GRM, IRCAM, Radio-France, GMEM, GRAME, EMS) qu'avec des musiciens expérimentaux ou inclassables tels Eliane Radigue, Zbigniew Karkowski, Phill Niblock, Dror Feiler, Tetsuo Furudate, Francisco Lopez, Z'ev, Art Zoyd, Ensemble Phoenix_Basel ou Zeitkratzer mais également avec la danse contemporaine (Myriam Gourfink, Emmanuelle Huynh, Hervé Robbe…) pour laquelle la musique est toujours jouée en direct, loin de l'idée d'une bande-son : la proposition musicale devant toujours intégrer la possible erreur, la mise en danger ainsi que la forme de tension qu'apporte la confrontation avec un public dans un lieu et à des moments précis.

 

Actif depuis plus de vingt ans tant sur les scènes françaises qu'internationales et ce autant dans le cadre de manifestations de musique contemporaine que dans des clubs « underground », Kasper T. Toeplitz a été l'initiateur de plusieurs projets musicaux tels Sleaze Art (orchestre de guitares électriques), Meltdown of Control (orchestre « noise »), Kernel (ensemble d'ordinateurs) ou IRE (ensemble instrumental travaillant sur un répertoire électronique) ou encore de collaborations à long terme avec des musiciens tels que Karkowski (Le Dépeupleur) Akerlund (Inert/e) Buess (My Daily Noise). A partir du début du 21ème siècle il compose pour des solistes reconnus des formes longues où il croise leurs instruments avec l'électronique « live » : Bruno Chevillon (contrebasse), Hélène Breschand (harpe), Eva Darracq (orgue à tuyaux), Journal Intime (Trio à vent), Erik Drescher (flûte glissando) en même temps qu'il commande des pièces (longues également) pour son instrument – la basse électrique hybridée par ordinateur – à quelques compositeurs dont il se sent proche, y voyant un prolongement de son travail de compositeur plus qu'une activité d'instrumentiste.

De même depuis quelques années il a augmenté son activité de compositeur par une abondante écriture de textes, tant chroniques, interviews ou questions de musicologie du présent, voyant là une façon de continuer à scruter perpétuellement le devenir de la musique telle qu'elle peut être pensée aujourd'hui.

 

Lauréat de plusieurs prix (1er prix au Concours de Composition pour Orchestre Symphonique à Besançon, Prix Opéra Autrement du Centre Acanthes) et distinctions, (Villa Médicis Hors les murs à New York, Villa Kujoyama au Japon, DAAD de Berlin, Prix Giga Hertz du ZKM, bourse Hors Les Murs en Pologne), sa discographie comprend plus d'une cinquantaine de références.

 

 

Site : http://sleazeart.com/

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